Message aux hommes

EN BREF

  • Thomas Pesquet appelle les hommes à agir contre les violences faites aux femmes, soulignant que « ça ne suffit plus d’être un homme bien pour soi-même ou dans son couple ».
  • Il insiste sur « l’importance d’écouter et de croire les femmes victimes de violences ».
  • L’astronaute encourage à « dénoncer blagues sexistes et comportements déplacés ».

L’astronaute Thomas Pesquet (1978), invité de La Grande Librairie sur France 5 mercredi 27 mai 2026, a profité de la carte blanche qui lui était offerte en fin d’émission pour parler des violences faites aux femmes en s’adressant aux hommes. Dans cette prise de parole de 2 minutes 20, il a appelé à agir pour que la moitié de l’humanité cesse d’avoir peur de l’autre.

TRES BEAU TEXTE (retranscrit ici)

CASSER L’AMBIANCE, C’EST UN TRÈS PETIT PRIX À PAYER

Le sujet dont j’aimerais parler aujourd’hui n’a pas grand-chose à voir avec l’espace et malheureusement, il a encore moins à voir avec l’humour.

C’est celui des violences faites aux femmes. C’est récemment, en parlant femmes autour de moi, compagne, amies, collègues que je me suis rendu compte qu’elles étaient toutes touchées, à des degrés divers, du harcèlement dans le cadre du travail, aux insultes à caractère sexuel, en passant par les attouchements non consentis dans les lieux publics, les violences gynécologiques, les abus inacceptables dans un cadre médical, ou les violences sexuelles dans le couple.

Toutes ont une histoire ou plusieurs à raconter

Et si autour de vous, messieurs, elles ne vous en ont pas encore parlé, c’est qu’elles ne vous font pas assez confiance, qu’elles craignent votre réaction, et c’est votre faute. Alors demandez-leur, oui, les violences faites aux femmes, c’est un problème d’hommes. Et la plupart d’entre eux ne se sentent pas concernés parce que ce sont des « gens bien ». Et que jamais, ils n’auraient, eux, de comportements déplacés.

Mais imaginez que, si dans un saladier rempli de grains de raisin, un seul est empoisonné, qu’est-ce que cela change finalement, si l’immense majorité des grains est inoffensive ? La personne qui mange du raisin risque toujours sa vie et elle a toujours peur. Alors ça ne suffit pas d’être un homme bien pour soi-même ou dans son couple. Ca ne suffit plus. Aujourd’hui, des dizaines d’affaires sordides, dont les femmes sont toujours les victimes, agitent l’actualité française et internationale.
Et que certaines de plus en plus nombreuses trouvent le courage de parler, qu’est-ce qu’on peut faire, nous, les hommes, pour changer quelque chose ?

Il faut d’abord les écouter et les croire. Les femmes ont souvent tout à perdre à parler de ce qu’elles ont subi. Il faut aussi créer les conditions de leur sécurité dans le milieu public, au travail. Alors pas en faisant de la musculation, d’abord évidemment en éduquant nos fils.

Mais aussi par des micro-actes de tous les jours : en n’acceptant pas les blagues sexistes dans le métro, en n’étant pas silencieux dans un groupe d’hommes, quand un des membres dépasse les limites, même un ami, même un supérieur.

Ce n’est pas parce qu’on n’a rien dit soi-même qu’on n’a pas créé de l’insécurité.

Alors oui, cela risque de casser l’ambiance, parfois, en dénonçant ces mots déplacés ou ces agressions, mais c’est un très petit prix à payer, et juste le début d’un commencement, pour que la moitié de l’humanité cesse d’avoir peur de l’autre.

Source
https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/saison-18/8467113-emission-du-mercredi-27-mai-2026.html

Mise en ligne 28 mai 2026 - 500 mots - 3mn de lecture -  contact -