Voici les éléments retranscrits de ma prise de parole vendredi dernier, au conseil municipal de Nantes. Pour L’Après, Marlène Collineau
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Ravie de nous retrouver ici, après une période intense et précieuse, celle de l’exercice démocratique par le vote, un des moyens puissants d’expression à notre disposition.
Je prends la parole au nom du groupe Les Unitaires !, un binôme d’élus issus de deux formations politiques : Debout !, le mouvement de François Ruffin et L’Après, le parti de Clémentine Autain.
Notre orientation est claire : application du programme municipal et rassemblement de toute la gauche. Et, je le dis à l’adresse de toute la gauche, notre seul adversaire, c’est la droite.
SOLIDARITE
J’exprime ici notre solidarité pour les peuples opprimés, pour les enfants qui, en Ukraine, à Gaza ou en Iran, survivent sous les bombes. Être de gauche, c’est assumer un projet internationaliste, de solidarité de la classe laborieuse ; d’émancipation ici et partout dans le monde.
Être élu municipal, ce n’est pas oublier nos convictions. Au contraire, elles sont et seront le fil conducteur de la mise en œuvre du projet pour lequel nous avons été élus : la transformation sociale, écologique et démocratique de la ville.
Car oui, notre projet sera mis en œuvre. Nous tenons notre légitimité des urnes. Dimanche dernier, les électeurs et électrices nantaises ont voté pour le programme de La Gauche Unie pour Nantes : un conservatoire à Nantes Nord ; une maison pour la santé mentale des enfants sur l’île de Nantes ; des épiceries solidaires dans les quartiers populaires ; des goûters équilibrés dans les écoles ; de la présence humaine, via des médiateurs, des éducateurs ou des concierges dans les transports en commun ou les immeubles.
Nous avons gagné. Constater une victoire n’est pas faire abstraction des difficultés ou des critiques. La campagne électorale est aussi le moment de la rencontre et de l’échange avec une population nantaise diverse, et parfois divisée, dont certaines et certains nourrissent un sentiment de relégation, lequel est entretenu, attisé par la droite nantaise, mais qu’il nous faut prendre le temps d’écouter mieux et de comprendre.
La population nous a souvent dit son inquiétude face au monde tel qu’il va. Trump, Milei, Orban, la mort de Kameinei au cœur de la campagne électorale, les prix des carburants qui explosent et les ressources naturelles qui s’épuisent. L’anxiété est un puissant combustible du repli voire de la haine. Nous devons leur opposer un projet de solidarité et de coopération.
Et puis, les nantaises et les nantais vivent dans une France abîmée. Le bilan de M. Chombart de Lauwe et Mme El Haïry, c’est celui de MM. Macron et Retailleau. C’est de clarté, de responsabilité, d’imputabilité des actes et des orientations prises dont nous avons besoin. La droite ne peut pas dire ici « blanc » et soutenir des gouvernements qui font « noir ». Je prendrai un exemple : la lutte contre les déserts médicaux. On ne peut prétendre vouloir des maisons de santé à moins d’1 km de chaque habitant quand on est soutenu par une majorité parlementaire qui refuse le maillage territorial d’installation des médecins, quand on est soutenu par un conseil régional qui stoppe les aides financières aux constructions des maisons de santé. Ça n’est ni sérieux ni crédible. C’est aussi ça que les nantaises et les nantais ont tranché via leur vote : le besoin d’honnêteté, de constance et de pondération.
Et votre propos, M. Chombart de Lauwe, n’est pas du côté de la pondération. Vous nous parlez de respect puis juste après vous dénigrez Mme Bertu. Personne n’est dupe de votre dualité et de vos manipulations. Et personne n’apprécie ici, en 2026, les ressorts sexistes de vos propos. Vous souriez M. Chombart de Lauwe, vous devriez vous excuser.
Oui, la pondération est du côté de la gauche.
Elle ne minimise en rien l’ambition programmatique : nous voulons transformer la ville, changer la vie des gens. Nous le ferons avec rigueur, énergie, avec la population elle-même, en allant chercher celles et ceux les moins habitués à exprimer une opinion ou un point de vue.
Nous serons, comme nous l’avons toujours été, dans les mobilisations sociales : pour que les enfants ne dorment plus à la rue ; que les supporters de foot ne soient plus des rats de laboratoire de mesures liberticides ; que chacune et chacun vive de son salaire. Ce sont les salariés qui produisent les richesses. Arrêtons d’agiter les peurs et de fracturer le salariat. La redistribution sociale, la taxation des riches, doivent être au centre du débat public.
Nous n’avons aucune leçon à recevoir d’une droite devenue, au fil des mois, arrogante, certaine de connaître les attentes d’une population qu’elle fréquente à peine : scolarité dans les écoles privées nantaises, aux indices de position sociale indécents ; entreprises de recrutement concurrentes à France Travail et à l’APEC pour se recruter entre soi ; choix des praticiens en santé qui accueillent vite moyennant dépassement d’honoraires ! Pour la vie quotidienne, trop souvent, vous faites sécession. Vos leçons ne nous atteignent pas. Nous savons, nous, et nous le disons, pour quoi et pour qui on se bat. Pour les gens ordinaires.
Ce matin, je pense à cette femme qui travaillait en 2-8, tantôt du matin, tantôt du soir. Selon la saison, jusqu’à 47 heures par semaine à mettre des sardines dans des boîtes de conserve. Sans rechigner à la tâche, espérant qu’au bout de la chaîne de travail et de son tapis roulant infini, il existe des jours meilleurs, une retraite bien méritée. Cette femme vivant seule, car veuve à un âge où on n’a à peine terminé d’élever ses enfants. Cette femme morte à 61 ans, pour qui la retraite ne fut qu’une utopie. Je pense à ma mère ce matin et ma détermination est absolue à me battre contre la réaction et les conservatismes. Pour l’égalité réelle, l’émancipation collective et la transformation sociale.
Marlène Collineau Pour L’Après, avec Gaspard Florin-Camagna Pour Debout!
900 mots - mis en ligne 31 mars 2026 - contact pour ce site -